En vingt-cinq ans d’existence, la marque de prêt à porter Mango est devenue une référence de la mode partout dans le monde en jouant la carte du glamour et en misant sur une production mondialisée.
Il est certain que 2009 a été une année difficile et tendue pour tous les secteurs notamment celui de la mode. Mais certaines marques s’en sont mieux sorties que d’autres. C’est le cas de Mango, géant espagnol du prêt à porter, qui, en vingt-cinq ans, s’est imposé leader dans près d’une centaine de pays à travers le monde, en conciliant production de masse et création. Créée en 1984 par deux frères d’origine turque, la griffe a grandi rapidement dans le sillage de l’autre géant Zara, la marque phare du galicien Inditex (qui compte parmi ses fleurons, Massimo Dutti et Pull and Bear). Trois fois plus petite au départ, la marque est très vite sortie du lot en se concentrant sur la mode féminine là où Zara privilégiait la production généraliste, de plus Mango a su prendre pied dans la mondialisation en misant sur les achats mondialisés contrairement à Zara qui s’approvisionne essentiellement sur le sol espagnol.
La moitié de la production de Mango est ainsi réalisée en Asie, au Maroc, en Turquie et dans les pays de l’Est Roumanie et Bulgarie. Comme la plupart de ses concurrents et afin de coller au plus près des tendances de créations, Mango propose quatre collections par an enrichies de 5 % de modèles supplémentaires par saison. La crise mondiale n’a donc en rien affecté l’appétit de gagnant de la
griffe qui continue sa conquête du monde au rythme insatiable de 160 ouvertures de magasins par an. Malgré des débuts difficiles en Europe, la marque fait office de pionnier fashion. La stratégie du groupe est claire : ouvrir des flagships et des corners dans des endroits stratégiques puis s’étendre une fois que la marque s’est imposée. Dernière ouverture en date : New York avec une vitrine en plein coeur du quartier branché Soho dans le Little Singer Building. Sur le sol Parisien, c’est le magasin du Boulevard Haussmann qui fait figure de tête de proue avec 1400 mètres carrés et pas loin de 10 000 visiteurs quotidiens. Acheté 20 millions d’euros il y a deux ans, Mango Haussmann est devenu en quelques mois le numéro 1 mondial du groupe en termes de CA.
Depuis toujours la marque a privilégié les magasins en nom propre dans les pays à gros marchés et les franchisé dans les pays plus petits, car les locaux ont une connaissance du marché bien meilleure. Depuis sa création, la griffe espagnole Mango fait figure d’exception dans le cercle restreint et privé des enseignes de mode, imposant à la fois son rythme de création et ses règles de développement. Quand Zara abandonne la publicité au profit des produits basiques, Mango tartine les murs et les pages modes de la presse en multipliant les défilés de créateurs et les collaborations avec des égéries – dernière en date Scarlett Johansson – n’hésitant pas à investir 4 % de son CA dans sa communication. Une recette parfaite visiblement puisque selon le dernier Forbes, Les frères Andic, créateurs et actionnaires majoritaires de l’entreprise, font aujourd’hui partie des 350 plus grosses fortunes mondiales…
sources : Le Parisien // Forbes // Mango